Des Marées Montantes

J’aime pas


  • 28 juin 2010 à 02h03, par Mat.Webmiss

    Perfect day

    La journée de la Marche des Fiertés, ça aurait pu être bien. Y’avait le soleil, les filles, les potes de l’ouest, de l’est et du milieu, la bonne soirée pour bien finir.
    ça aurait sans doute pu être bien.

    Si tout le monde n’avait pas parlé de "Gay Pride",

    Si j’avais pas eu l’impression, de plus en plus forte chaque année, d’être à la marche des fiertés de la pub et de la musique de daube où on aurait laissé la place à quelques revendications histoire de se donner bonne conscience,

    Si y’avait pas eu cette ronde de CRS à l’arrivée à Bastille,

    Si on s’était pas fait traiter de sales gouines en retournant chercher nos entrées pour la soirée Fières,

    Si y’avait pas eu ce connard pour chercher des emmerdes aux filles dans la file,

    Si y’avait pas eu cette démonstration de virilité avec force empoignades et coups de boule entre mec bourré et videur énervé dès notre arrivée dans la salle,

    Si en sortant, on avait pas eu droit à "vous êtes gouines, vous voulez pas plutôt goûter à mes abdos", avec le coup de bite sur la hanche de ma pote,

    Si y’avait pas eu cette canette en verre balancée courageusement depuis l’autre côté de la rue sur le groupe de trois nanas juste devant nous,

    Si on n’était pas rentré en silence et en marchant vite, avec un sale gout amer dans la bouche, et les poings serrés et inutiles, au fond des poches.

    Ouais, p’tet que ça aurait pu être vraiment bien.

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  • 7 octobre 2009 à 00h01, par Mat.Webmiss

    Ils servent à quoi ?

    Chroniques de la Gare du Nord

    Depuis maintenant plus de deux ans, j’emprunte quasi quotidiennement le long couloir de la gare du Nord. Aller, cinq longues minutes de traversée souterraine, retour, cinq toutes aussi longues minutes.
    Tous les jours, et pourtant, je ne m’y fait jamais vraiment.
    Chaque jour la bande des gars en béret et mitraillette - et depuis peu, j’ai repéré la cachette d’où ils sortent et la porte où l’on peut en longer jusque dix …
    Chaque jour, la bande des trois ou quatre ou cinq keufs, chaque jour des menottes aux poignets et/ou des contrôles d’identité et/ou des mecs collés aux parois sales du souterrain et/ou des coups de rangers collée dans le bide du gars qui dort par terre sur son carton et/ou des sacs à provisions renversés laissant échapper l’oeil d’un poisson qui fut frais.

    Et, ce soir, pour la première fois, j’ai vu une baston. Une vraie. Des coups de poings et de ceintures, des cris, des coups de lattes dans la gueule, des "Arrête !!!". J’ai vu deux vigiles complètement débordés, avec costards noirs et fortes gueules comme seuls moyens pour calmer le jeu. J’ai couru pour pas me retrouver dans la melée. Je me suis retournée quand j’ai entendu un BANG, énorme, énorme. J’ai vu un gars par terre, inanimé. J’ai vu les vigiles appeler dans leur talkie-walkie. J’ai vu les potes du mec autour de lui. La foule, des cris, des pleurs. Je l’ai vu mort. J’ai vu des gens prendre soin de lui, PLS et autres pansements de premiers secours. J’ai attendu, j’ai vu qu’il n’était pas mort, mais pas tout à fait vivant non plus. J’ai attendu.

    Je suis ressortie, cing longues minutes de traversée souterraine. Je suis passé devant la porte des keufs - je les ai pas vu ; je suis passée devant la porte des gars en mitraillettes - je les ai pas vu.

    Dehors, bouffée d’air. Au loin, enfin, le hurlement d’une sirène.

    Ils servent à quoi ?

  • 5 août 2009 à 19h09, par Mat.Webmiss

    Aggression lesbophobe

    Metz, dommage

    J’avais envie d’écrire un truc sympa sur Metz, où je viens de passer un putain de bon moment. Mais en ouvrant facebook à mon réveil, j’apprends qu’une lesbienne s’y est fait casser la tête lundi soir, par trois mecs. Encore.

    Je copie-colle le message.

    Circonstances de l’agression messine

    Lundi 3 août, rue Serpenoise, vers 20h00 : une jeune lesbienne est insultée par trois hommes. « Espèce de mec, viens sucer la queue de mon pote »… La messine, déjà agressée il y a trois mois à Rennes, tient tête à ses interlocuteurs mal inspirés. L’un d’entre eux la projette alors à terre et la frappe, notamment au cou. La jeune femme est conduite à l’hôpital et en ressortira avec une minerve.

    Une victime qui ne se laisse pas abattre

    Choquée par ce qui vient de lui arriver mais soutenue par son entourage, la jeune femme porte plainte. Elle a également le réflexe de prévenir Couleurs Gaies. L’association salue ces démarches malheureusement encore trop rares, beaucoup de victimes préférant ne pas donner de suite. Couleurs Gaies réfléchit à l’opportunité de se porter partie civile.

    Un rassemblement contre l’impunité

    Au moment de l’agression, la rue Serpenoise était loin d’être déserte. Pourtant, personne n’est intervenu et les voyous ont poursuivi tranquillement leur chemin. C’est contre ce sentiment insupportable d’impunité que Couleurs Gaies, en accord avec la jeune femme, appelle à un rassemblement sur les lieux de l’agression le samedi 8 août 2009, à 15h00, prés de la colonne de Merten, rue Serpenoise.

  • 30 janvier 2009 à 00h03, par Mat.Webmiss

    CR

    Ouais, t’as raison. Les "gens" ont raison. On s’en fout des manifs.

    Tu vas manifester, tranquillou, en bonne flemmarde privilegiée inconciente que tu es. Tu es heureuse de voir la foule. Ces plus que milliers de gens qui sont là, qui ont décidées de "perdre une journée ", pour revendiquer leur vie, leur vision du monde.

    Tu marches, tu bois des ti-punchs aux camions de la Cgt (les meilleurs, c’est sûr, c’est à Pantin), tu rencontres des copains cheminots qui draguent - vaguement en t’offrant non pas des fleurs mais des torches (qui ne fonctionnent pas mais c’est une autre histoire)

    Après quatre heures de marche, entre Bastille et République (quand t’es pas "pris en otage", c’est quand même beaucoup plus rapide), tu décides avec tes potes d’aller boire un coup, pour évacuer le flot de ti-punch).

    Tu ressors, tu aperçois au loin une vague noire, une vague de CRS, une vague casquée et bottée. Alors tu t’approches, pour voir. La foule est derrière toi. Elle est calme mais énervée, pas agressive mais revendicative, pas violente mais elle crie, elle manifeste, elle SE manifeste. T’es tranquille, tu mattes juste cette vague. Tu t’approches encore, toujours pour voir. Et cette vague, d’un seul coup, prévient : "CHARGEZ !". Et là, la vague tu te la prends dans la gueule.

    Ouais, dans la gueule. Tu te retrouve allongée par terre, tu te recroquevilles, tu vois les rangers qui courent au dessus de toi, qui vont vite, qui s’en foutent. Tu sens le mec qui t’agrippes le bras. Ce mec, là, qui te maintien à terre, en te hurlant "allez, lève toi". Tu sens la matraque, là sur ton corps, tu comprends pas trop, tu sais que tu as peur, que tu veux bien te relever, que tu essaies, que tu titubes, mais que tu ne peux pas, parce que ce mec, là, qui te dis "lève toi", te retiens à terre.
    Et surtout, surtout, tu sens que ce mec, là, au dessus de toi avec ses rangers et sa matraque, son bouclier et sa carte, est bien plus flippé que toi.

    Quand, enfin, tu as réussi à t’enfuir, tu as presque l’impression,.. ou on te donne presque l’impression que de toute façon, tu l’as bien cherché.

    Et là, tu sens bien que vraiment, les manifs, tout le monde s’en fout. Surtout lui.

    Rendez-vous pour la suite.

  • 27 janvier 2009 à 13h25, par Mat.Webmiss

    Transports

    Prenez les transports en commun, qu’ils disent. Je veux bien. De toute façon, j’ai pas vraiment le choix. Mais, de gare de province à gare de banlieue …

    J’aime pas les tarifs de la SNCF, exorbitants. Foutu n’importe comment. Plus cher, toujours plus cher. Rien à y faire.

    J’aime pas les trains qui, au petit matin, m’arrachent d’une douce et chaude torpeur pour me projeter dans le brouillard.

    J’aime pas les abrutis qui restent coincés dans l’escalator et manquent de me faire rater ce putain de TGV. Une seconde de plus, c’était la porte dans ma face et 40€ dans la gueule.

    J’aime pas les connards qui attendent que je m’endorme pour faire péter dans mes oreilles leur sonnerie presque plus infâme que celle de mon réveil et annoncer qu’ils m’attendent avec impatience au wagon-bar avec leurs croissants de merde et leur café dégueu.

    J’aime pas le RER, pire qu’un camion à bestiaux, dans lequel les gens sont prêt à te jeter sur les rails pour gagner 3 cm de place.

    J’aime pas les agressions de chauffeurs de bus, et des bus qui, du coup, ne roulent pas. Du tout.

    Mais,
    malgré tout
    ça en valait le coup.

    (et puis j’expie pour l’eau froide, j’expie)

    Edit : ça n’a rien à voir, mais j’aime pas trop non plus qu’on me demande des ouvrages sur le laminage du laiton au XVIIIème siècle à 19h47

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Des Marées Montantes :

Une gouine geek bibliothécaire, parisienne un peu à l’ouest, qui aime bien bidouiller des sites pour l’internet et parfois écrire des trucs.


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