17 août 2009 à 11h49, par
Dans ma vie de vacancière en vadrouille, j’ai pris plein de moyens de transport. Des TGV, des corails, des TER, des trams, des bus de jour et de nuit, des chaussures, des vélos (pas de moto, par contre, ce qui me donne l’occasion de rappeler à mes copines motardes que je suis jamais monté sur une moto et que j’aimerai bien un coup pour voir. Donc toi, toi, toi et toi, c’est quand tu veux, merci).
Et puis j’ai aussi pris des voitures. En fait, essentiellement UN type de voiture : la Kango (ou le Berlingo, c’est pareil, c’est un genre de camionnette un peu stylée avec des sièges qui se plient et des vides-poches dans le plafond). En cet été 2009, la vieille rumeur qui veut que la voiture de la gouine soit la Kangoo se confirme donc complètement, au même titre que la chaussure de rando, la polaire, le couteau de poche et la bière au goulot, autres accessoires indétronnables et indémodable du bout de la Bretagne au fin fond des Vosges.
Et quand on creuse un peu la question, on se rend vite compte que si la gouine opte fatalement un jour pour une Kangoo, ce n’est jamais pour elle. Elle te dira qu’elle l’a acheté pour le chien qui a besoin d‘espace, ou pour la poussette de l’enfant qui arrive bientôt, ou le tricycle de celui qui est déjà là, ou pour la maison dans laquelle il faut faire des travaux, ou pour le canoë qu‘il faut bien emmener à la mer de temps en temps, ou pour le matériel à cochons, ou pour enfourner une ou deux pelletées de copines dans le coffre en fin de soirée.
Parce qu’elle est comme ça la gouine : altruiste et partageuse.
C’est (aussi) pour ça que je l’aime bien.
A Nancy, les paons sont aussi cons qu’ailleurs. Ils peuvent passer un après-midi entier à appeler Léon, alors qu’on sait bien que Léon répond jamais.
A Nancy, contrairement à une rumeur propagée par je ne sais qui (ou par moi), l’été, il fait beau et chaud. Ou pas.
A Nancy, Stanislas pointe son gros doigt, mais ça le rend pas sexy pour autant.
A Nancy, si tu veux, tu peux aller à la plage. Bon d’accord, c’est dans un bar, mais c’est une plage quand même. Tu peux même t’amuser à y enterrer tes amies dans le sable. Comme sur une vraie plage, quoi.
Et si t’as pas envie de faire des chateaux et des pâtés (lorrains), tu peux simplement te poser en terrasse, et être certaine que dans l’heure arrivera quelqu’une -et même plus - que tu auras plaisir à voir.
A Nancy, tu peux aller faire la fête à Berlin. Y retrouver la bairmaid de ton coeur, fidèle à son poste et capable de tirer 90 litres de bière en 8h. Oui, parce que les lorraines, elles savent y faire avec la bière. Tu peux y retrouver tes potes, tes anciennes compagnonnes de lutte et de comptoir. A Nancy, tu peux écouter tes djs préférées vautrée sur des pneus. A Nancy, y’a des meufs qui sont capable de créer un lieu improbable et magique dans un garage. J’aime les garages berlinois à Nancy.
A Nancy, faudrait juste apprendre aux voisins de pas appeler les flics.
Et à Nancy, la fin des futs et la menace d’amende pour tapage n’ont jamais raison de ton envie de poursuivre le moment. Y’a toujours du monde pour zoner en attendant de pouvoir prendre un petit déj’ Place Stan.
Nancy, c’est loin, mais y‘a quand même des gens qui tentent le coup de venir s‘y perdre. Alors t’y retrouves des mouffs dont t’as fait la connaissance ailleurs, qui sont partis vivre ailleurs. Y’a des souvenirs, des récits, des rencontres de Poitiers, Rennes, Toulouse, Paris, Lyon, Münich (et même Metz, c‘est dire). Ouais, Nancy, ça a un goût de "viens-y reviens-y".
A Nancy, y’a de l’humain, y’a de l’amour, y’a de la chaleur. J’avais presque oublié ça. Dans cinq minutes, je vais envisager de m’y réinstaller.
Bon, tout ça pour dire que je vais rester encore un peu dans le coin, alors je revend mon billet de retour pour Paris. Départ aujourd’hui à 20h45, 17€.
Au début de mon séjour, j’avais commencé à écrire dans ma tête un truc sur Alençon, ses lapins sur le bord des routes, ses chouettes forêts, ses bars homos sans homo et ses autres bars avec du son pas trop pourri.
Et puis finalement non.
A Alençon, t’a surtout les boules quand à la gare, tu te rend comptes que t’a pas encore été payé et que tu peux pas prendre ton billet de train pour te casser.
Alençon, quand on en parle, ça donne :
« Euh … c’est où ? »
« Dans l’Orne »
« Ah. Euh … c’est où ? »
Alençon, je m’en fous d’où c’est. C’est très joli, tout ça, mais j’y retournerai sans doute pas.
Ca a failli mal commencer, avec le sale plan posé par le Salon sur Rue [1], et puis non finalement, parce que ça fait toujours du bien de boire des bières avec les copines et de voir Last Na2t mixer (trop court mais bon quand même)
Ca a failli mal se poursuivre, parce que je sentais pas trop le plan "marche sous la pluie", et puis non finalement, parce que parfois, y’a presque eu du soleil.
_ Et puis parce que j’ai bien aimé que nATh (oui, encore une) m’offre un lapin en cuir de la mort qui tue pour s’excuser du lapin de la dernière fois et de coller avec elle les slogans sur le char de l’asso LesBienNées. Et puis revoir Céline, toutes ces années plus tard - ouais, je sais, je t’ai un peu plantée en fait, mais le char démarrait ! Rencontrer toutes ces nouvelles moufs, que je ne connaissais jusqu’à maintenant que par mails interposés.
Réussir à pas m’occuper des bisbilles politiques de dernières minutes - et du chantage ridicule de la Ville de Nancy …
Danser dans la benne et même pas me péter la gueule malgré les pavés. L’envahissement spontané du char par une horde de nanas en furie - woahou, je n’ai pas compris comment on pouvait crier aussi fort et aussi longtemps. Passer "Nettoyage au kärcher" de Keny Arkana à donf’ dans la rue St Nicolas - et puis toute la musique que j’aime. Les filles devant dessus derrière, les sourires, les sauts, les fleurs, les baisers, les slogans, les sifflets.
L’arrivée en cours de Marche de mes potes qui revenaient tout droit de Belgique - c’est un beau jour pour mettre un bébé en route. Voir enfin en vrai les grands yeux du petit Fali (oui, je sais, je suis sensée en avoir rien à foutre des gamins, mais parfois si en fait).
La tournée bar/resto/bar/bar le soir, revoir des têtes, encore, échanger quelques mots et des numéros de téléphone, encore. Presque oublier que le Coct’au Bar n’existe plus - et apprendre au détour d’une conversation que la Sof’ s’est lancée dans la restauration de nains de jardin (j’veux l’article !!!)
Encore bravo et merci à Dan et à toutes les autres : cette 7ème Marche des Fiertés LGBT de Lorraine, vous l’avez assurée à mort. Il parait qu’on était 1500, ce jour là, dans les rues, à ne pas baisser les yeux.
J’ai moins aimé le lendemain, quand je me suis rendue compte, à nouveau, que je n’avais plus toute ma folle jeunesse et que je n’ai pas réussi à émerger de la journée. Semaine intense et bonne. C’est la fin des vacances et j’en reprendrais bien une pour me reposer maintenant.
[1] oui, ça m’énèrve, alors je balance
Après Rennes et Poitiers, fin des vacances à Nancy (oui, je fais dans l’exotisme)
Programme des festivités :
ce soir (vendredi)
LesBienNées et Last Na2t aux platines du Salon sur Rue
C’est au 24 Grand Rue à Nancy, c’est à partir de 21h et c’est gratuit.
Demain (samedi)
Marche des Fiertés LGBT de Lorraine.
Y’a village associatif à partir de 14h place Carnot
et départ de la marche à 17.
Voilà. Normalement, je suis présente aux deux. Normalement, parce que là, y’a plus de places dans les trains et je suis un peu bloquée à Paris … HELP !!!
Une gouine geek bibliothécaire, parisienne un peu à l’ouest, qui aime bien bidouiller des sites pour l’internet et parfois écrire des trucs.
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