Des Marées Montantes

Gouines&co

Des trucs qui parlent de gouines. Et aussi de pédés. Des machins LGBT. Le bien, le moins bien, le drôle et le scandaleux. Voir tout ça en même temps.


  • 31 août 2010 à 07h00, par Mat.Webmiss

    Blog Day 2010

    Tout comme l’année dernière, je participe au blog day

    Instructions : Trouver 5 nouveaux blogs que vous trouvez intéressants

    Alors donc, vite fait, 5 blogs découverts ces 12 derniers mois :

    D’abord, en trichant un peu, parce que leurs auteurs écrivaient déjà, mais parce que ce sont trois blogs que LezSpace a eu le bonheur (non, je n’ai pas peur des mots) d’accueillir cette année :

    Short Stories, pour les histoires croustillantes et frétillantes

    No Girl’s Land, pour la poésie

    U-Turn, pour les mots (et le reste)

    Et puis aussi :

    Dog de garde, parce qu’un nouveau blog féministe n’a jamais tué personne (par contre, le machisme tue tous les jours)

    Miss Mopi, parce qu’elle parle de science-fiction et de fantastique et aussi de choses du web (bref, tout ce que j’aime)

    Blog Day 2010

  • 28 juin 2010 à 02h03, par Mat.Webmiss

    Perfect day

    La journée de la Marche des Fiertés, ça aurait pu être bien. Y’avait le soleil, les filles, les potes de l’ouest, de l’est et du milieu, la bonne soirée pour bien finir.
    ça aurait sans doute pu être bien.

    Si tout le monde n’avait pas parlé de "Gay Pride",

    Si j’avais pas eu l’impression, de plus en plus forte chaque année, d’être à la marche des fiertés de la pub et de la musique de daube où on aurait laissé la place à quelques revendications histoire de se donner bonne conscience,

    Si y’avait pas eu cette ronde de CRS à l’arrivée à Bastille,

    Si on s’était pas fait traiter de sales gouines en retournant chercher nos entrées pour la soirée Fières,

    Si y’avait pas eu ce connard pour chercher des emmerdes aux filles dans la file,

    Si y’avait pas eu cette démonstration de virilité avec force empoignades et coups de boule entre mec bourré et videur énervé dès notre arrivée dans la salle,

    Si en sortant, on avait pas eu droit à "vous êtes gouines, vous voulez pas plutôt goûter à mes abdos", avec le coup de bite sur la hanche de ma pote,

    Si y’avait pas eu cette canette en verre balancée courageusement depuis l’autre côté de la rue sur le groupe de trois nanas juste devant nous,

    Si on n’était pas rentré en silence et en marchant vite, avec un sale gout amer dans la bouche, et les poings serrés et inutiles, au fond des poches.

    Ouais, p’tet que ça aurait pu être vraiment bien.

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  • 27 mai 2010 à 17h59, par Mat.Webmiss

    Bon, on le fait ce pique-nique, bordel ?

    Et puis, pour répondre aux rumeurs et diverses accusations de "sectarismes" ou d’"action hors la loi" qui fusent ici et là, je répondrais que le texte du collectif (à lire ci-dessous) fait appel massivement aux lesbiennes, mais en aucun cas n’empêche les hommes et les hétérosexuel-le-s de nous rejoindre. Il va de soi que nous ne pouvons interdire l’accès d’un espace public à quiconque, et encore moins aux lesbiennes qui souhaiteraient y venir avec leurs amies/s.
    Néanmoins, nous faisons appel et nous adressons particulièrement aux lesbiennes, trop souvent invisibilisées et dont les spécificités sont trop souvent noyées dans un discours de masse. Ce pique-nique vise principalement à se retrouver entre lesbiennes. C’est parce que nous sommes lesbiennes que nous sommes agressées, et c’est de notre place de place de lesbiennes que nous voulions répondre.

    Pour rappel, ainsi que je l’ai raconté plus bas, cette agression a commencé par une interpellation sexiste, où ces porcs ne voyaient en nous ni plus ni moins qu’un bout de viande bon à baiser et qu’on peut tenter de raffler comme n’importe quel produit de supermarché. La violence qui a suivi a été engendré par leur frustration et leur dépit de voir que non seulement nous nous refusions à eux mais que de surcroit nous ne nous laissions pas marcher dessus.

    Si des hommes veulent apporter leur soutien, plutôt que se battre contre nous aujourd’hui pour revendiquer une place à ce pique-nique (auquel, je le répète, il n’est nul part fait mention qu’ils n’ont pas le droit de venir) et d’en arriver à rajouter une couche au stress et à la culpabilité contre laquelle nous devons aujourd’hui nous battre, j’aurai plutôt tendance à les inviter à réfléchir à leur place "naturelle" de dominants, à ouvrir le débat au sein de leurs organisations, simplement à apprendre à se taire un peu et à écouter, réellement, les lesbiennes et les femmes.
    L’interprétation qui a été immédiatement faite du texte du collectif et les réactions parfois virulentes qui ont suivi en disent, il me semble, assez long, sur certains reflexes solidement ancrés…

    Bon, allez, à samedi ! (non, parce que merde, je les aimais vraiment bien, mes apéros au bord du canal !)


    Samedi 23 mai, vers 21h30, deux amoureuses se promenant le long du canal de l’Ourcq ont été victimes d’insultes à caractère lesbophobe et de violences physiques. Seules face à plusieurs hommes, dans cet endroit pourtant très fréquenté, l’une d’entre elles a été frappée à la tête à deux reprises dans l’indifférence générale, jusqu’à l’intervention d’un cycliste leur ayant permis de s’enfuir.

    La lesbophobie n’est pas un mythe, et les agressions lesbophobes ne sont pas des cas isolés. Mélange de sexisme et d’homophobie, elles nous menacent toujours et partout au quotidien.

    Nous invitons donc toutes les lesbiennes à se mobiliser massivement le samedi 29 mai 2010, entre 18h30 et 21h00, devant le restaurant "O KAY café", au bord du canal [1], où ont eu lieu ces violences :

    Pour réinvestir cet espace qui nous appartient AUSSI.
    Pour que cette histoire ne reste pas qu’un fait divers.
    Pour montrer à ces amies lesbiennes qu’elles ne sont pas seules… et que nous n’avons pas peur !

    N’oubliez pas d’apporter vos transats, boissons, salades ou autres tartes pour partager ce moment avec nous.

    Nous vous remercions également de nous confirmer autant que possible votre présence. Le nombre fera notre force.

    Le collectif de solidarité avec les amoureuses du canal de l’Ourcq.

    Contact : contrelesagressionslesbophobes@gmail.com

    Notes

    [1] Petite place avant l’écluse, 41 quai de la Loire, Paris 19ème (métro Laumière ou Crimée)

    Thème :

  • 23 mai 2010 à 19h39, par Mat.Webmiss

    Et puis après

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    … une fois que tu es sortie du commissariat avec ta petite plainte qui va sans doute servir à rien, si ce n’est augmenter les stats et apprendre l’orthographe de "gouine" à une policière (on va dire que c’est déjà pas mal),
    tu peux encore trouver le moyen de te faire traiter à nouveau de "sale lesbienne".

    Ce monde est formidable.

  • 22 mai 2010 à 23h55, par Mat.Webmiss

    Ananas interdit

    ou l’art d’avoir la gueule en patate

    Alors, tout à l’heure, avec ma meuf, on était tranquille au bord du canal, et après quelques verres au bar Ourcq, on décide de continuer un peu plus loin.

    Et c’est alors qu’on a eu droit au fameux "alors, ça va les filles", avec le ton qui va bien, et qui veut dire que t’es rien qu’une chatte sur pattes.
    Alors j’ai regardé le boeuf dans les yeux, et j’éructe :"Alors quoi, les filles ?", et on poursuit notre chemin.
    Alors, j’ai entendu derrière nous "ça, c’est de la grosse gouine"
    Alors, je me suis retournée. Et j’ai vu ma bière quasi pleine faire un très joli jeté vers les quatre ou cinq abrutis. Très joli jeté, tout en gouttelette moussues flamboyantes dans le soleil couchant. Pas un n’a été épargné, j’étais assez fière de mon coup.
    Alors, j’ai senti que ça n’allait pas s’arrêter là. Ils sont arrivé en beuglant, les quatre ou cinq. Les détails, je ne m’en souviens pas trop. Je me souviens de la brique de jus d’ananas versé, des cris, des "salopes", des "sales gouines", du premier coup derrière la tête, de ma meuf qui tente de s’interposer, des gens, plein et plein, qui passent le nez baissé et que j’ai interpellé "hé les gens, s’il vous plait, venez", et du deuxième coup, cette fois-ci bien dans la gueule. Je me souviens des quelques passants qui sont enfin intervenus, du sang qui coulait de mon nez et de mon oeil qui enflait au fur et à mesure, de notre retour prématuré et de l’odeur écoeurante de l’ananas qui nous suivait. Je me souviens des trois autres mecs sur lesquels j’ai gueulé au moindre regard ou parole de travers.

    Alors, je me demande : la prochaine fois que j’entends un "sale gouine", je ferme ma gueule et je m’excuse de désordre causé à l’ordre macho-hétéro ?

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Des Marées Montantes :

Une gouine geek bibliothécaire, parisienne un peu à l’ouest, qui aime bien bidouiller des sites pour l’internet et parfois écrire des trucs.


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