31 août 2010 à 07h00, par
Tout comme l’année dernière, je participe au blog day …
Instructions : Trouver 5 nouveaux blogs que vous trouvez intéressants
Alors donc, vite fait, 5 blogs découverts ces 12 derniers mois :
D’abord, en trichant un peu, parce que leurs auteurs écrivaient déjà, mais parce que ce sont trois blogs que LezSpace a eu le bonheur (non, je n’ai pas peur des mots) d’accueillir cette année :
Short Stories, pour les histoires croustillantes et frétillantes
No Girl’s Land, pour la poésie
U-Turn, pour les mots (et le reste)
Et puis aussi :
Dog de garde, parce qu’un nouveau blog féministe n’a jamais tué personne (par contre, le machisme tue tous les jours)
Miss Mopi, parce qu’elle parle de science-fiction et de fantastique et aussi de choses du web (bref, tout ce que j’aime)
Ils sont doués pour fabriquer des substances pour effacer nos rides, aplatir nos ventres, raffermir nos cuisses, estomper un bleu à l’oeil et rendre bien dur le zizi de monsieur.
Et tous les mois, quasi toutes, on a mal au ventre. Mais pour ça, que nenni. On nous apprends que c’est normal, que c’est comme ça, et qu’en plus, on est un peu pénible à ce moment là.
Alors on intègre cette évidence : la douleur, c’est normal. La douleur est là, avant, pendant, après, on la craint mais on ne s’en inquiète pas, c’est normal.. Mal devant, mal derrière, les caillots, le flux en continu, les étourdissements, les ovaires en vrac, les reins douloureux, les nausées, c’est normal.
On nous apprends qu’on est un peu sale, et que ça pue, et qu’on fait tourner la mayonnaise. Alors, en plus de la douleur, plus important que la douleur, vient la peur que le sang s’échappe, et que ça se voit. Mais pour cacher ça, pas de souci, les solutions existent à la pelle : tampons en corolle, tampons qui se cachent dans la main, serviettes pour les strings, serviettes noirs pour dessous noirs, protèges-slips qui masquent les odeurs, ultra-fin, ultra-absorbant…
On a mal, très mal, on va au boulot, au bahut, en soirée, faire les courses et le ménage, en serrant les dents, et "oh làlà, mais t’es chiante, t’as tes règles ou quoi, hahaha". On prends des cachetons qui font à peine effet et on attend que ça passe. Et ça passe, ça finit par passer, après deux, trois, cinq jours. C’est normal, on est des femmes, on a nos règles et on a mal, c’est comme ça, personne ne peut rien y faire, non ? Ça passe toujours. Enfin presque.
Parce qu’un jour, la douleur est là, mais les règles non. Elle est plus forte, mais on se dit qu’on exagère sans doute. "C’est la même, c’est pas grave, c’est normal, ça va passer".
Et en effet, ça passe. Après quelques heures passées dans un bloc opératoire, quelques bouts de nous extirpés, quelques jours à l’hôpital et quelques semaines avant que tout ne revienne à peu près en ordre. Et quelques cicatrices sur le ventre, aussi. Mais pour ça, pas de souci : y’a des crèmes très bien qui permettent de camoufler ces imperfections.
L’autre jour, donc, c’était la journée contre l’homophobie. Quand cette journée a été créée, et que les organisateurs avaient été interpellés sur le fait qu’il serait également bon de parler de lesbophobie, et de transphobie, et de biphobie, ils avaient argué sur le fait que le terme était généraliste et plus simple à entendre pour le grand public …
Au vu des réactions lues ça et là, il semble évident que cette année, les lesbiennes étaient particulièrement absentes, autant des tribunes que des discours.
Hier, au boulot, pas loin de moi, deux jeunes nanas qui discutaient et rigolaient tout en mattant des tofs sur F.B.
Hey, hier, c’était pas la fête des gays ?
Hihihi
Nan mais rigole pas. Et tu sais quoi, ben il parait que les gays, ben même si tu mets toute nue devant eux, ben ils en ont rien à foutre.
Un peu plus loin, une un peu "plus vieille" intervient :
Non, la Gay pride, c’est le 26 juin
Han, mais moi, j’aimerai la faire ! Mais quand on est une fille, on peut y aller, à la fête des gays ?
J’ai fini par participer à la conversation, expliquer que la veille, c’était la journée contre l’homophobie, et que oui, y’avait aussi des filles homosexuelles, et que à la gay pride, y’avait aussi des chars avec que des filles et que c’était fun.
Ha ouais, mais je savais pas, parce qu’à la télé, on voit toujours que des mecs, je pensais que les filles pouvaient pas participer.
Bref, le 17 mai, c’était bien la journée contre l’homophobie, et la fête de la lesbophobie.
Parce que non, nous ne faisons pas la gueule, on a juste pas envie de lui sourire. Parce que non, nous ne sommes pas moches, on a juste pas envie de lui plaire. Parce que c’est bon, mais douloureux, mais épuisant, mais courageux d’emmerder les convenances.
Parce que la violence au quotidien, dans ses propos, dans ses attitudes dans ses habitudes. Parce ses blagues « juste pour rire » qui ne m’ont jamais fait rire me donnent juste envie de cogner maintenant. Parce que c’est du sapage, jour après jour, et qu’il ne rend même pas compte. Parce que parfois, qu’il ferme juste sa gueule et se regarde un peu, du haut de la suffisance que lui offrent ses flasques couilles.
Parce que les pleurs, qui jaillissent au creux de mes bras, même lorsque en surface tout va bien.
Parce le viol, les viols – et qu’il faut le dire, ce mot là.
Parce que l’assignation à domicile, parce que l’assignation au rôle, à la place, au moule, à la contenance qu’il attend de nous.
Parce qu’il gagne quand celle là dit qu’à son age, elle a de la chance d’avoir trouvé un homme, qu’elle n’a pas à se plaindre qu’il lui interdise de vivre ses envies.
Parce qu’il gagne lorsque suivant ses préceptes et ses fantasmes et ses normes, elle déforme son corps, elle cache son corps, elle exhibe son corps, elle modèle son corps.
Parce qu’il gagne quand celle là dit que cette fille, avec ses yeux, elle cherche bien les emmerdes qu’elle trouve.
Parce qu’il gagne quand elle a honte de la camionneuse, de la pute, de la femme à barbe, de la féministe qui ouvre grand sa gueule.
Parce qu’il gagne quand tu te sens sale.
Nous venons d’apprendre avec horreur et colère l’agression dont a été victime hier l’auteure et comédienne féministe d’origine algérienne, Rayhana, qui se rendait à la maison des Metallos où se joue sa pièce : « A mon âge, je me cache encore pour fumer ! ».
La comédienne aurait été aspergée d’essence et ses « agresseurs lui ont ensuite jeté une cigarette au visage, fort heureusement sans enflammer la jeune femme… L’agression physique s’est doublée d’une agression verbale qui laisse peu de doutes sur le lien existant entre cette tentative d’homicide et les représentations en cours qui se poursuivront jusqu’à la fin » (déclaration de ses proches).
La Coordination Française de la Marche Mondiale des Femmes condamne cet acte
intolérable de violence et apporte tout son soutien a Rayhana, aux comédiennes de la pièce et à la Maison des Métallos.
Elle invite toutes celles et tous ceux qui soutiennent la liberté d’expression et se battent contre les violences faites aux femmes à se rendre aux prochaines représentations de sa pièce.
Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous resterons en marche !
Coordination Française Marche Mondiale des Femmes, 25/27 rue des Envierges, 75020 Paris ; Tel : 0144621204 ou 06806 9525, mail : marchfem@rezisti.org ; site : www.mmf-France.fr
Une gouine geek bibliothécaire, parisienne un peu à l’ouest, qui aime bien bidouiller des sites pour l’internet et parfois écrire des trucs.
|
Derniers commentaires