Des Marées Montantes
jeudi 27 mai 2010 à 17h59
par Mat.Webmiss
724 visites


Bon, on le fait ce pique-nique, bordel ?


Et puis, pour répondre aux rumeurs et diverses accusations de "sectarismes" ou d’"action hors la loi" qui fusent ici et là, je répondrais que le texte du collectif (à lire ci-dessous) fait appel massivement aux lesbiennes, mais en aucun cas n’empêche les hommes et les hétérosexuel-le-s de nous rejoindre. Il va de soi que nous ne pouvons interdire l’accès d’un espace public à quiconque, et encore moins aux lesbiennes qui souhaiteraient y venir avec leurs amies/s.
Néanmoins, nous faisons appel et nous adressons particulièrement aux lesbiennes, trop souvent invisibilisées et dont les spécificités sont trop souvent noyées dans un discours de masse. Ce pique-nique vise principalement à se retrouver entre lesbiennes. C’est parce que nous sommes lesbiennes que nous sommes agressées, et c’est de notre place de place de lesbiennes que nous voulions répondre.

Pour rappel, ainsi que je l’ai raconté plus bas, cette agression a commencé par une interpellation sexiste, où ces porcs ne voyaient en nous ni plus ni moins qu’un bout de viande bon à baiser et qu’on peut tenter de raffler comme n’importe quel produit de supermarché. La violence qui a suivi a été engendré par leur frustration et leur dépit de voir que non seulement nous nous refusions à eux mais que de surcroit nous ne nous laissions pas marcher dessus.

Si des hommes veulent apporter leur soutien, plutôt que se battre contre nous aujourd’hui pour revendiquer une place à ce pique-nique (auquel, je le répète, il n’est nul part fait mention qu’ils n’ont pas le droit de venir) et d’en arriver à rajouter une couche au stress et à la culpabilité contre laquelle nous devons aujourd’hui nous battre, j’aurai plutôt tendance à les inviter à réfléchir à leur place "naturelle" de dominants, à ouvrir le débat au sein de leurs organisations, simplement à apprendre à se taire un peu et à écouter, réellement, les lesbiennes et les femmes.
L’interprétation qui a été immédiatement faite du texte du collectif et les réactions parfois virulentes qui ont suivi en disent, il me semble, assez long, sur certains reflexes solidement ancrés…

Bon, allez, à samedi ! (non, parce que merde, je les aimais vraiment bien, mes apéros au bord du canal !)


Samedi 23 mai, vers 21h30, deux amoureuses se promenant le long du canal de l’Ourcq ont été victimes d’insultes à caractère lesbophobe et de violences physiques. Seules face à plusieurs hommes, dans cet endroit pourtant très fréquenté, l’une d’entre elles a été frappée à la tête à deux reprises dans l’indifférence générale, jusqu’à l’intervention d’un cycliste leur ayant permis de s’enfuir.

La lesbophobie n’est pas un mythe, et les agressions lesbophobes ne sont pas des cas isolés. Mélange de sexisme et d’homophobie, elles nous menacent toujours et partout au quotidien.

Nous invitons donc toutes les lesbiennes à se mobiliser massivement le samedi 29 mai 2010, entre 18h30 et 21h00, devant le restaurant "O KAY café", au bord du canal [1], où ont eu lieu ces violences :

Pour réinvestir cet espace qui nous appartient AUSSI.
Pour que cette histoire ne reste pas qu’un fait divers.
Pour montrer à ces amies lesbiennes qu’elles ne sont pas seules… et que nous n’avons pas peur !

N’oubliez pas d’apporter vos transats, boissons, salades ou autres tartes pour partager ce moment avec nous.

Nous vous remercions également de nous confirmer autant que possible votre présence. Le nombre fera notre force.

Le collectif de solidarité avec les amoureuses du canal de l’Ourcq.

Contact : contrelesagressionslesbophobes@gmail.com


P.-S.

Je coupe temporairement les commentaires, non pas parce que je fuis le dialoque, mais parce que … je sais pas, je suis un peu fatiguée, là. On pourra sans doute reparler de tout ça plus tard, pourquoi pas samedi, autour d’un verre et d’un cass-dalle, tranquille peinard au bord de l’eau.

Vous pouvez également écrire à l’adresse du collectif : contrelesagressionslesbophobes@gmail.com N’en voulez juste pas aux potes derrière la boite si vous ne recevez pas de réponses, ou tardivement : y’a des humaines derrières les machines ;-)
(et puis du coup, j’en profite à nouveau pour les remercier, grave !)

Notes

[1] Petite place avant l’écluse, 41 quai de la Loire, Paris 19ème (métro Laumière ou Crimée)

Tags :

Répondre à cet article


Des Marées Montantes :

Une gouine geek bibliothécaire, parisienne un peu à l’ouest, qui aime bien bidouiller des sites pour l’internet et parfois écrire des trucs.


RSS 2.0 : suivi des articlesSuivi des articles | RSS 2.0 : suivi des commentairesSuivi des commentaires | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette | |