Des Marées Montantes


  • 28 juin 2010 à 02h03, par Mat.Webmiss

    Perfect day

    La journée de la Marche des Fiertés, ça aurait pu être bien. Y’avait le soleil, les filles, les potes de l’ouest, de l’est et du milieu, la bonne soirée pour bien finir.
    ça aurait sans doute pu être bien.

    Si tout le monde n’avait pas parlé de "Gay Pride",

    Si j’avais pas eu l’impression, de plus en plus forte chaque année, d’être à la marche des fiertés de la pub et de la musique de daube où on aurait laissé la place à quelques revendications histoire de se donner bonne conscience,

    Si y’avait pas eu cette ronde de CRS à l’arrivée à Bastille,

    Si on s’était pas fait traiter de sales gouines en retournant chercher nos entrées pour la soirée Fières,

    Si y’avait pas eu ce connard pour chercher des emmerdes aux filles dans la file,

    Si y’avait pas eu cette démonstration de virilité avec force empoignades et coups de boule entre mec bourré et videur énervé dès notre arrivée dans la salle,

    Si en sortant, on avait pas eu droit à "vous êtes gouines, vous voulez pas plutôt goûter à mes abdos", avec le coup de bite sur la hanche de ma pote,

    Si y’avait pas eu cette canette en verre balancée courageusement depuis l’autre côté de la rue sur le groupe de trois nanas juste devant nous,

    Si on n’était pas rentré en silence et en marchant vite, avec un sale gout amer dans la bouche, et les poings serrés et inutiles, au fond des poches.

    Ouais, p’tet que ça aurait pu être vraiment bien.

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  • 15 juin 2010 à 00h33, par Mat.Webmiss

    Cache ça, lave toi, aies mal et tais-toi

    Ils sont doués pour fabriquer des substances pour effacer nos rides, aplatir nos ventres, raffermir nos cuisses, estomper un bleu à l’oeil et rendre bien dur le zizi de monsieur.

    Et tous les mois, quasi toutes, on a mal au ventre. Mais pour ça, que nenni. On nous apprends que c’est normal, que c’est comme ça, et qu’en plus, on est un peu pénible à ce moment là.

    Alors on intègre cette évidence : la douleur, c’est normal. La douleur est là, avant, pendant, après, on la craint mais on ne s’en inquiète pas, c’est normal.. Mal devant, mal derrière, les caillots, le flux en continu, les étourdissements, les ovaires en vrac, les reins douloureux, les nausées, c’est normal.

    On nous apprends qu’on est un peu sale, et que ça pue, et qu’on fait tourner la mayonnaise. Alors, en plus de la douleur, plus important que la douleur, vient la peur que le sang s’échappe, et que ça se voit. Mais pour cacher ça, pas de souci, les solutions existent à la pelle : tampons en corolle, tampons qui se cachent dans la main, serviettes pour les strings, serviettes noirs pour dessous noirs, protèges-slips qui masquent les odeurs, ultra-fin, ultra-absorbant…

    On a mal, très mal, on va au boulot, au bahut, en soirée, faire les courses et le ménage, en serrant les dents, et "oh làlà, mais t’es chiante, t’as tes règles ou quoi, hahaha". On prends des cachetons qui font à peine effet et on attend que ça passe. Et ça passe, ça finit par passer, après deux, trois, cinq jours. C’est normal, on est des femmes, on a nos règles et on a mal, c’est comme ça, personne ne peut rien y faire, non ? Ça passe toujours. Enfin presque.

    Parce qu’un jour, la douleur est là, mais les règles non. Elle est plus forte, mais on se dit qu’on exagère sans doute. "C’est la même, c’est pas grave, c’est normal, ça va passer".

    Et en effet, ça passe. Après quelques heures passées dans un bloc opératoire, quelques bouts de nous extirpés, quelques jours à l’hôpital et quelques semaines avant que tout ne revienne à peu près en ordre. Et quelques cicatrices sur le ventre, aussi. Mais pour ça, pas de souci : y’a des crèmes très bien qui permettent de camoufler ces imperfections.

  • 27 mai 2010 à 17h59, par Mat.Webmiss

    Bon, on le fait ce pique-nique, bordel ?

    Et puis, pour répondre aux rumeurs et diverses accusations de "sectarismes" ou d’"action hors la loi" qui fusent ici et là, je répondrais que le texte du collectif (à lire ci-dessous) fait appel massivement aux lesbiennes, mais en aucun cas n’empêche les hommes et les hétérosexuel-le-s de nous rejoindre. Il va de soi que nous ne pouvons interdire l’accès d’un espace public à quiconque, et encore moins aux lesbiennes qui souhaiteraient y venir avec leurs amies/s.
    Néanmoins, nous faisons appel et nous adressons particulièrement aux lesbiennes, trop souvent invisibilisées et dont les spécificités sont trop souvent noyées dans un discours de masse. Ce pique-nique vise principalement à se retrouver entre lesbiennes. C’est parce que nous sommes lesbiennes que nous sommes agressées, et c’est de notre place de place de lesbiennes que nous voulions répondre.

    Pour rappel, ainsi que je l’ai raconté plus bas, cette agression a commencé par une interpellation sexiste, où ces porcs ne voyaient en nous ni plus ni moins qu’un bout de viande bon à baiser et qu’on peut tenter de raffler comme n’importe quel produit de supermarché. La violence qui a suivi a été engendré par leur frustration et leur dépit de voir que non seulement nous nous refusions à eux mais que de surcroit nous ne nous laissions pas marcher dessus.

    Si des hommes veulent apporter leur soutien, plutôt que se battre contre nous aujourd’hui pour revendiquer une place à ce pique-nique (auquel, je le répète, il n’est nul part fait mention qu’ils n’ont pas le droit de venir) et d’en arriver à rajouter une couche au stress et à la culpabilité contre laquelle nous devons aujourd’hui nous battre, j’aurai plutôt tendance à les inviter à réfléchir à leur place "naturelle" de dominants, à ouvrir le débat au sein de leurs organisations, simplement à apprendre à se taire un peu et à écouter, réellement, les lesbiennes et les femmes.
    L’interprétation qui a été immédiatement faite du texte du collectif et les réactions parfois virulentes qui ont suivi en disent, il me semble, assez long, sur certains reflexes solidement ancrés…

    Bon, allez, à samedi ! (non, parce que merde, je les aimais vraiment bien, mes apéros au bord du canal !)


    Samedi 23 mai, vers 21h30, deux amoureuses se promenant le long du canal de l’Ourcq ont été victimes d’insultes à caractère lesbophobe et de violences physiques. Seules face à plusieurs hommes, dans cet endroit pourtant très fréquenté, l’une d’entre elles a été frappée à la tête à deux reprises dans l’indifférence générale, jusqu’à l’intervention d’un cycliste leur ayant permis de s’enfuir.

    La lesbophobie n’est pas un mythe, et les agressions lesbophobes ne sont pas des cas isolés. Mélange de sexisme et d’homophobie, elles nous menacent toujours et partout au quotidien.

    Nous invitons donc toutes les lesbiennes à se mobiliser massivement le samedi 29 mai 2010, entre 18h30 et 21h00, devant le restaurant "O KAY café", au bord du canal [1], où ont eu lieu ces violences :

    Pour réinvestir cet espace qui nous appartient AUSSI.
    Pour que cette histoire ne reste pas qu’un fait divers.
    Pour montrer à ces amies lesbiennes qu’elles ne sont pas seules… et que nous n’avons pas peur !

    N’oubliez pas d’apporter vos transats, boissons, salades ou autres tartes pour partager ce moment avec nous.

    Nous vous remercions également de nous confirmer autant que possible votre présence. Le nombre fera notre force.

    Le collectif de solidarité avec les amoureuses du canal de l’Ourcq.

    Contact : contrelesagressionslesbophobes@gmail.com

    P.-S.

    Je coupe temporairement les commentaires, non pas parce que je fuis le dialoque, mais parce que … je sais pas, je suis un peu fatiguée, là. On pourra sans doute reparler de tout ça plus tard, pourquoi pas samedi, autour d’un verre et d’un cass-dalle, tranquille peinard au bord de l’eau.

    Vous pouvez également écrire à l’adresse du collectif : contrelesagressionslesbophobes@gmail.com N’en voulez juste pas aux potes derrière la boite si vous ne recevez pas de réponses, ou tardivement : y’a des humaines derrières les machines ;-)
    (et puis du coup, j’en profite à nouveau pour les remercier, grave !)

    Notes

    [1] Petite place avant l’écluse, 41 quai de la Loire, Paris 19ème (métro Laumière ou Crimée)

  • 23 mai 2010 à 19h39, par Mat.Webmiss

    Et puis après

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    … une fois que tu es sortie du commissariat avec ta petite plainte qui va sans doute servir à rien, si ce n’est augmenter les stats et apprendre l’orthographe de "gouine" à une policière (on va dire que c’est déjà pas mal),
    tu peux encore trouver le moyen de te faire traiter à nouveau de "sale lesbienne".

    Ce monde est formidable.

  • 22 mai 2010 à 23h55, par Mat.Webmiss

    Ananas interdit

    ou l’art d’avoir la gueule en patate

    Alors, tout à l’heure, avec ma meuf, on était tranquille au bord du canal, et après quelques verres au bar Ourcq, on décide de continuer un peu plus loin.

    Et c’est alors qu’on a eu droit au fameux "alors, ça va les filles", avec le ton qui va bien, et qui veut dire que t’es rien qu’une chatte sur pattes.
    Alors j’ai regardé le boeuf dans les yeux, et j’éructe :"Alors quoi, les filles ?", et on poursuit notre chemin.
    Alors, j’ai entendu derrière nous "ça, c’est de la grosse gouine"
    Alors, je me suis retournée. Et j’ai vu ma bière quasi pleine faire un très joli jeté vers les quatre ou cinq abrutis. Très joli jeté, tout en gouttelette moussues flamboyantes dans le soleil couchant. Pas un n’a été épargné, j’étais assez fière de mon coup.
    Alors, j’ai senti que ça n’allait pas s’arrêter là. Ils sont arrivé en beuglant, les quatre ou cinq. Les détails, je ne m’en souviens pas trop. Je me souviens de la brique de jus d’ananas versé, des cris, des "salopes", des "sales gouines", du premier coup derrière la tête, de ma meuf qui tente de s’interposer, des gens, plein et plein, qui passent le nez baissé et que j’ai interpellé "hé les gens, s’il vous plait, venez", et du deuxième coup, cette fois-ci bien dans la gueule. Je me souviens des quelques passants qui sont enfin intervenus, du sang qui coulait de mon nez et de mon oeil qui enflait au fur et à mesure, de notre retour prématuré et de l’odeur écoeurante de l’ananas qui nous suivait. Je me souviens des trois autres mecs sur lesquels j’ai gueulé au moindre regard ou parole de travers.

    Alors, je me demande : la prochaine fois que j’entends un "sale gouine", je ferme ma gueule et je m’excuse de désordre causé à l’ordre macho-hétéro ?

  • 19 mai 2010 à 22h50, par Mat.Webmiss

    Journée de qui ?

    L’autre jour, donc, c’était la journée contre l’homophobie. Quand cette journée a été créée, et que les organisateurs avaient été interpellés sur le fait qu’il serait également bon de parler de lesbophobie, et de transphobie, et de biphobie, ils avaient argué sur le fait que le terme était généraliste et plus simple à entendre pour le grand public …

    Au vu des réactions lues ça et là, il semble évident que cette année, les lesbiennes étaient particulièrement absentes, autant des tribunes que des discours.

    Hier, au boulot, pas loin de moi, deux jeunes nanas qui discutaient et rigolaient tout en mattant des tofs sur F.B.
    - Hey, hier, c’était pas la fête des gays ?
    - Hihihi
    - Nan mais rigole pas. Et tu sais quoi, ben il parait que les gays, ben même si tu mets toute nue devant eux, ben ils en ont rien à foutre.

    Un peu plus loin, une un peu "plus vieille" intervient :
    - Non, la Gay pride, c’est le 26 juin

    - Han, mais moi, j’aimerai la faire ! Mais quand on est une fille, on peut y aller, à la fête des gays ?

    J’ai fini par participer à la conversation, expliquer que la veille, c’était la journée contre l’homophobie, et que oui, y’avait aussi des filles homosexuelles, et que à la gay pride, y’avait aussi des chars avec que des filles et que c’était fun.

    - Ha ouais, mais je savais pas, parce qu’à la télé, on voit toujours que des mecs, je pensais que les filles pouvaient pas participer.

    Bref, le 17 mai, c’était bien la journée contre l’homophobie, et la fête de la lesbophobie.

  • 30 avril 2010 à 20h23, par Mat.Webmiss

    Argane

    Après la mononucléose d’ado de décembre, la bronchite surinfectée de janvier, les migraines aigues de février et la sciatique suite à aucun faux mouvement de mars-avril, Mat :
    - est heureuse de vous présenter "le truc bizarre sans doute d’origine musculaire survenu au cours d’une simple nuit de sommeil et qui fait grave mal au pied" du mois de mai.
    - attend avec impatience le mois de juin : cyrhose des cheveux ou cancer des ongles ?
    - s’excuse auprès du trou de la Sécu
    - cherche une canne ou une béquille pour marcher, parce que le pied d’appareil photo c’est pas le top.
    - va se prendre un abonnement à WOW pour oublier définitivement qu’il existe un vrai monde dans lequel il est en théorie possible d’évoluer
    - et remercie, encore, celle qui se tape le ménage, les courses, mes coups de bad humeur et tente de me convaincre que non, je ne suis pas encore bonne à jeter.

  • 7 mars 2010 à 17h10, par Mat.Webmiss

    La fââmme, l’infame (et nous)

    Parce que non, nous ne faisons pas la gueule, on a juste pas envie de lui sourire. Parce que non, nous ne sommes pas moches, on a juste pas envie de lui plaire. Parce que c’est bon, mais douloureux, mais épuisant, mais courageux d’emmerder les convenances.

    Parce que la violence au quotidien, dans ses propos, dans ses attitudes dans ses habitudes. Parce ses blagues « juste pour rire » qui ne m’ont jamais fait rire me donnent juste envie de cogner maintenant. Parce que c’est du sapage, jour après jour, et qu’il ne rend même pas compte. Parce que parfois, qu’il ferme juste sa gueule et se regarde un peu, du haut de la suffisance que lui offrent ses flasques couilles.

    Parce que les pleurs, qui jaillissent au creux de mes bras, même lorsque en surface tout va bien.
    Parce le viol, les viols – et qu’il faut le dire, ce mot là.

    Parce que l’assignation à domicile, parce que l’assignation au rôle, à la place, au moule, à la contenance qu’il attend de nous.

    Parce qu’il gagne quand celle là dit qu’à son age, elle a de la chance d’avoir trouvé un homme, qu’elle n’a pas à se plaindre qu’il lui interdise de vivre ses envies.
    Parce qu’il gagne lorsque suivant ses préceptes et ses fantasmes et ses normes, elle déforme son corps, elle cache son corps, elle exhibe son corps, elle modèle son corps.
    Parce qu’il gagne quand celle là dit que cette fille, avec ses yeux, elle cherche bien les emmerdes qu’elle trouve.
    Parce qu’il gagne quand elle a honte de la camionneuse, de la pute, de la femme à barbe, de la féministe qui ouvre grand sa gueule.
    Parce qu’il gagne quand tu te sens sale.

  • 18 février 2010 à 21h49, par Mat.Webmiss

    La pause Bisounours

    Anne Sylvestre / Les gens qui doutent
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    mais un peu énervée quand même

  • 15 janvier 2010 à 17h05, par Mat.Webmiss

    Rayhana

    Se battre contre les violences faites aux femmes et pour la liberté d’expression

    Nous venons d’apprendre avec horreur et colère l’agression dont a été victime hier l’auteure et comédienne féministe d’origine algérienne, Rayhana, qui se rendait à la maison des Metallos où se joue sa pièce : « A mon âge, je me cache encore pour fumer ! ».

    La comédienne aurait été aspergée d’essence et ses « agresseurs lui ont ensuite jeté une cigarette au visage, fort heureusement sans enflammer la jeune femme… L’agression physique s’est doublée d’une agression verbale qui laisse peu de doutes sur le lien existant entre cette tentative d’homicide et les représentations en cours qui se poursuivront jusqu’à la fin » (déclaration de ses proches).

    La Coordination Française de la Marche Mondiale des Femmes condamne cet acte intolérable de violence et apporte tout son soutien a Rayhana, aux comédiennes de la pièce et à la Maison des Métallos.
    Elle invite toutes celles et tous ceux qui soutiennent la liberté d’expression et se battent contre les violences faites aux femmes à se rendre aux prochaines représentations de sa pièce.

    Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous resterons en marche !


    Coordination Française Marche Mondiale des Femmes, 25/27 rue des Envierges, 75020 Paris ; Tel : 0144621204 ou 06806 9525, mail : marchfem@rezisti.org ; site : www.mmf-France.fr

  • 12 janvier 2010 à 11h00, par Mat.Webmiss

    Masquée #1

    Outing outrancier, démontage du mythe inexistant du sex-appeal de la bibliothécaire, expression libre à vocation thérapeutique, bouffées délirantes suite à l’absorption massive de légumes verts, suicide social ou célébration de dix-sept années passée seule derrière une porte à plier des feuilles ???

    En réalité, je ne sais pas trop ce que c’est que ce truc …

  • 27 décembre 2009 à 14h42, par Mat.Webmiss

    Vos gueules

    Agonie / Tais toi, nettoie
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Des Marées Montantes :

Une gouine geek bibliothécaire, parisienne un peu à l’ouest, qui aime bien bidouiller des sites pour l’internet et parfois écrire des trucs.


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